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Prix  À part entière 2016, 5e édition.

Lauréates et lauréats


Catégorie Individus

France Geoffroy : pionnière de la danse intégrée au Québec

France Geoffroy est considérée comme la pionnière de la danse intégrée au Québec, et pour cause. Devenue tétraplégique à la suite d’un accident, elle s’intéresse à la danse intégrée. Après des études spécialisées qui l’ont menée jusqu’en Angleterre, elle fonde la compagnie Corpuscule Danse. Désireuse de transmettre sa passion et convaincue de la valeur des arts comme vecteur de participation sociale, elle multiplie les projets et les partenariats dans divers milieux. Défrichant le terrain avec conviction, elle a imposé sa vision pour faire de la danse intégrée un art inclusif et une discipline reconnue, notamment par le Conseil des arts du Canada. Depuis plus de 20 ans, madame Geoffroy foule ainsi la scène, les salles de classe et les studios de danse avec le même désir profond d’offrir une tribune aux personnes handicapées afin qu’elles s’expriment dans toute leur originalité.

Présentation de France Geoffroy

Verbatim - Vidéo de présentation - France Geoffroy

 

[Logo du Prix À part entière 2016. Cinquième édition.]

[France Geoffroy, lauréate. Catégorie Individus.]

[Images de France Geoffroy dansant.]

Marie-Claude Roussin, chef de service, Bibliothèques, centres de documentation, UETMISSS et soutien aux activités d'enseignement universitaire, CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal :

France, c'est une pionnière, au Québec et au Canada. La danse intégrée, avant qu'elle ne l'amène dans le paysage québécois, ça n'existait pas. Ça comportait en soi son lot de défis. Elle a su s'entourer de personnes importantes, influentes, dans le milieu de la danse. Elle s'est fait reconnaître auprès des institutions qui financent le milieu de la danse. Et, évidemment, tout son travail a eu impact majeur sur le plan de la participation sociale des personnes qui ont une déficience physique.

[Images extérieures du Pavillon de danse de l’Université du Québec à Montréal.]

France Geoffroy, lauréate. Catégorie Individus. Prix À part entière 2016 :

J'ai eu un accident de plongeon en 1991. J'avais 17 ans à l'époque. Étrangement, je n'avais pas suivi de cours de danse.

[Quelques photos de France Geoffroy de l’adolescence à aujourd’hui.]

J'ai commencé la danse ça fait maintenant 22 ans. J'ai décidé de fonder ma compagnie, qui s'appelle Corpuscule danse, et qui est une compagnie à deux volets : le volet performance, qui s'inscrit plus dans le milieu professionnel de la danse; puis il y a également le volet enseignement. Au niveau du volet enseignement, j'enseigne aux enfants, aux adolescents, aux adultes, toujours dans la perspective d'avoir des groupes mixtes. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de jumeler des personnes avec et sans handicap.

[Images extérieures du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau.]

Marie-Claude Roussin :

La danse intégrée, c'est la rencontre de danseurs qui ont un handicap et de danseurs sans handicap, ce qui était alors un concept nouveau. Donc, elle a démocratisé l'art de la danse.

Brigitte Lachance, physiothérapeute, fondatrice et coresponsable du groupe Thérapie par la danse. CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal. Centre de réadaptation Lucie-Bruneau :

France, c'est une figure de proue canadienne. C'est une figure de proue en ce sens qu'elle innove. Et c'est aussi, pour nous, dans le groupe de danse thérapie, un emblème de paix.

Chloé Proulx Goulet, ergothérapeute, coresponsable du groupe Thérapie par la danse. CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal. Centre de réadaptation Lucie-Bruneau :

France, c'est une femme qui a beaucoup de résilience, qui a plein de capacités et qui a su prendre ce que la vie lui a apporté, autant de négatif que de positif, et a transformé ça pour aller de l'avant, pour bâtir des choses qui n'avaient jamais été faites au Québec.

[France Geoffroy s’adresse au groupe d’élèves.]

France Geoffroy :

Il faut faire le son. D'accord?

[Sons de tambour rythmés. Les élèves tapent des mains.]

Chantal Marsolais, mère de Lilith Chamberland, qui est une élève de France Geoffroy :

Moi, je suis une maman très pro-intégration. Alors quand j'ai rencontré France, c'était comme « Yes, elle est là pour nous! » Ça fait pratiquement depuis le début, trois ans, que Lilith suit un cours de danse. [À sa fille Lilith en signant] : Hein, toi, tu danses. Oui, avec France! [Rires]

France Geoffroy :

Je pense que la danse intégrée, c'est plus qu'une activité adaptée. C'est vraiment un moteur d'intégration. Ma plus grande satisfaction, c'est d'avoir amené un style de danse nouveau dans le paysage culturel québécois. Je change la société, la vision, la perception des personnes handicapées, mais dans une démarche qui n'est pas de la revendication de droits, mais bien dans une démarche où ma création, ce que je mets en œuvre, est vecteur de poésie, de beauté. Ça favorise l'épanouissement des personnes handicapées, mais d'une façon positive, artistique, purement artistique.

[Élèves de la classe de France Geoffroy dansant.]

[Logo. Ensemble, on fait avancer le Québec.]

[Logo de l’Office des personnes handicapées du Québec.]

Cette vidéo présentant madame France GeoffroyCe contenu Web externe, qui s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, peut comporter des obstacles à l'accessibilité puisqu'il est hébergé dans un autre site Web. produite en novembre 2016 est disponible dans la chaîne YouTube de l'Office. Vous y trouverez également une version en langue des signes québécoise (LSQ) de la vidéo présentant madame France GeoffroyCe contenu Web externe, qui s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, peut comporter des obstacles à l'accessibilité puisqu'il est hébergé dans un autre site Web..

Communiqué de presse de la lauréate de la catégorie Individus

Portrait de France Geoffroy, réalisé dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées, édition 2017

Devenue tétraplégique à la suite d’un accident de plongeon à l’âge de 17 ans, France Geoffroy ne se serait jamais imaginé à l’époque être en mesure de poursuivre sa carrière en danse. Et pourtant… Il semble qu’aucun obstacle n’ait été assez grand pour s’imposer entre elle et sa passion pour la danse. Madame Geoffroy est maintenant une artiste reconnue qui foule les scènes depuis plus de 20 ans. En 2000, elle se lance un nouveau défi en fondant sa propre compagnie, Corpuscule Danse, qui cumule diverses expériences, tant du côté de l’enseignement que de la performance.

Ce rêve, qui semblait au départ impossible, a pu devenir réalité grâce à une discipline qui était à l’époque pratiquement inconnue au Québec : la danse intégrée. Véritable pionnière du mouvement au Québec, France Geoffroy est particulièrement fière d’avoir amené les gens à s’intéresser à cette pratique, qui est maintenant partie prenante du milieu de la danse contemporaine professionnelle et une discipline reconnue par le Conseil des arts du Canada. Portrait d’une lauréate et de son œuvre. 

L’art, moteur de participation sociale

« L’art est un moteur de participation sociale, qui permet de créer un pont entre les personnes », confie madame Geoffroy. Une affirmation qui prend tout son sens avec la danse intégrée, qui réunit des danseurs avec et sans incapacité. Selon elle, c’est justement là que réside la force de la danse intégrée : « les gens peuvent s’exprimer et évoluer les uns avec les autres en amenant leurs couleurs, en amenant leur mobilité qui est différente, et enrichir le vocabulaire de la danse. Ça amène d’autres propositions, d’autres images, d’autres poésies. » Les incapacités sont représentées positivement, et la perception des gens s’en trouve modifiée. 

Corpuscule danse… pour les élèves de 5 à 77 ans

En plus de sa carrière professionnelle, France Geoffroy donne également des cours à des élèves de 5 à 77 ans. Il était important pour elle « d’ouvrir de nouvelles perspectives » à ses élèves et de les « aider dans le cheminement d’acceptation de leur incapacité ». Pour elle, la danse est un moyen privilégié d’y arriver, puisqu’il s’agit d’une activité innée chez l’être humain : « quand on est enfant, on met une musique et on se met à bouger. C’est la même chose pour toute personne, handicapée ou non! » Et les bienfaits de ce loisir sont nombreux : « ils sont autant psychologiques que physiques. La danse est bénéfique pour le développement moteur des enfants, pour l’estime de soi. D’amener mes élèves à pouvoir s’exprimer à travers la danse, c’est ça l’objectif. » 

Paver la voie et oser

France Geoffroy est particulièrement fière d’avoir pavé la voie dans le domaine de la danse intégrée et d’être un modèle pour ses élèves. « Quand j’ai commencé à enseigner, en 2002, les personnes handicapées avaient de la difficulté à se projeter comme danseur. Il y a beaucoup de gens qui me disaient qu’ils n’auraient jamais pensé à faire quelque chose comme ça. Avant Corpuscule Danse, les gens ne savaient pas, ou n’osaient pas s’aventurer dans cette direction. »

Pourtant, selon elle, il ne faut pas avoir peur de foncer et d’essayer. « Quand on est attiré par une forme artistique ou quelque chose qui dynamise notre vie, il faut y aller et s’ouvrir à ça malgré notre incapacité. » Ce même conseil s’applique à une personne sans incapacité qui aimerait contribuer à l’essor de la danse intégrée : « si vous avez envie de faire de la danse intégrée et que vous voyez une personne handicapée au coin de la rue, allez lui parler, vous ne perdez rien! N’attendez pas de faire un stage ou une maîtrise en danse! Lancez-vous! » 

Une œuvre à part entière

« D’avoir une distinction aussi prestigieuse venant du milieu, je trouve ça exceptionnel. Ça consolide une carrière et ça marque le temps », confie madame Geoffroy au sujet de son Prix À part entière. Il s’agit pour elle d’une belle reconnaissance du travail qu’elle a accompli jusqu’à maintenant, une œuvre qui marquera certainement son époque : « je suis encore jeune, mais dans les livres d’histoire, j’espère que la danse intégrée aura su faire son chemin! On parle déjà de ce que je fais dans les cours à l’université. J’ai créé une brèche, et maintenant, d’autres compagnies font ce que je fais, pas nécessairement à cause de moi, mais si j’ai pu les inspirer, j’en suis fière. »

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Catégorie Organismes à but non lucratif

Pleins Rayons : Changer les vies un vélo à la fois

Le programme Pleins rayons est une initiative s’adressant aux jeunes adultes de la région de Brome-Missisquoi ayant une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme ou étant à risque de décrochage scolaire. Axé sur l’apprentissage de la mécanique de bicyclettes, le programme a pour objectif d’accroître la participation sociale de ces jeunes par l’acquisition d’habiletés socioprofessionnelles leur ouvrant de nouveaux horizons sur le marché du travail. Par ailleurs, les bicyclettes ainsi restaurées ou réparées sont remises gratuitement aux écoles primaires environnantes, ce qui contribue au sentiment de fierté des apprentis-mécanos. Parmi les projets d’importance, il faut compter l’ouverture prochaine d’un atelier de réparation de bicyclettes ouvert au public. Cet atelier offrira à ces jeunes adultes un travail rémunéré à long terme et le sentiment de mettre leurs compétences et habiletés au service de leur communauté.

Présentation de Pleins Rayons

Verbatim - Vidéo de présentation - Pleins rayons

 

[Logo du Prix À part entière 2016. Cinquième édition.]

[Pleins rayons, lauréat. Catégorie Organismes à but non lucratif.]

Stéphan Marcoux, directeur général, Pleins rayons :

Quand on a créé Pleins rayons, c'était important pour moi de créer un genre de service, parce que ce qui arrive c'est qu'avec les 21 ans et plus dans le spectre de l'autisme et aussi avec une déficience intellectuelle, c'est difficile pour eux d'avoir des plateaux de travail ou des endroits où aller, où ils peuvent vraiment sentir qu'ils font partie de la communauté. Ce projet là ici rejoint exactement ça. C'est un vrai projet d'inclusion sociale, où ils ont la chance à tous les jours de faire la différence dans leur communauté. C'est concret.

On se sert de vélos pour les remonter et les donner à des gens dans le besoin, souvent des jeunes dans les écoles. Puis c'est le fun, parce que les jeunes dans les écoles se servent de ces vélos-là aussi pour l'exercice.

Un des beaux partenariats qu'on a, c'est avec les écocentres de la région et de la MRC, parce qu'on récupère de vieux vélos. Donc, en prenant ces vieux vélos-là, on a la chance d'en faire des neufs. Donc, on a six ou sept écocentres de la région où on prend nos vélos.

On a développé un beau partenariat avec le CRDI-TED de notre coin ici. Je pense qu'ils sont très emballés de voir un service communautaire de haut niveau comme ça. Donc, ils se sont greffés à nous.

Myriam de Coussergues, directrice adjointe. Pleins rayons :

Nous, en fait, on travaille ici avec des personnes autistes, des personnes qui ont une déficience intellectuelle, des personnes qui sont à risque de décrochage scolaire. Donc déjà, c'est une belle réalisation de mélanger tout le monde ensemble, parce qu'ils partent tous avec des forces et des faiblesses. Nous, on les met tous ensemble, on les traite tous sur un pied d'égalité. Tout le monde s'entraide, tout le monde apprend à travailler ensemble, à s'arrimer, à s'adapter à travailler en équipe.

Brandon, participant :

Pour moi, c'est bien bien important parce que ça me sort de la maison. Je peux faire un peu d'exercice avec ma planche à roulettes, et j’apprends un métier. J'aime vraiment travailler ici. C'est ben fun, ben du fun.

Myriam de Coussergues :

Il y en a beaucoup qui arrivent ici et qui disent : « J'aimerais ça avoir un travail ». Et on voit que c'est possible parce qu'ils ont tellement de volonté, de choses à apporter. Dans une équipe de travail, ce sont des personnes tellement positives, qui veulent aider, qui veulent s'impliquer. Et ça, dans un milieu de travail, je pense que c'est la clé : d'avoir des personnes motivées.

Depuis que les personnes sont ici, depuis le départ, quand elles arrivent, elles sont plus timides. Mais elles ont développé tellement de fierté, tellement de pouvoir d'agir sur leur vie, parce que même dans leur communauté, elles veulent s'impliquer. Elles vont aller voir leur voisin et dire : « Moi, je peux réparer ta bicyclette. Moi, je peux t'aider. » Donc, la clientèle a beaucoup grandi, a pris de l'estime en soi, de la confiance en soi. Elle apprend à communiquer aussi avec les gens d'une autre manière.

Stéphane, participant :

Qu'est-ce qui est fun à Pleins rayons, c'est qu'on peut faire ce qu'on veut. On peut choisir la tâche qu'on veut. On est placé à différents endroits et on peut faire comme bon nous semble. J'aime vraiment ça venir ici.

Vicky, participante :

À la maison, je ne ferais rien, mais ici, je vais faire quelque chose de ma journée. Quand je viens ici, ça me permet de rencontrer du monde.

Stéphan Marcoux :

Ma plus grande satisfaction, si je peux dire « moi », parce que c'est un groupe de gens qui fait que ça fonctionne, c'est pas juste moi qui fait rouler la roue ici, c'est de voir la fierté de mes participants. C'est de voir qu'ils ont leur place dans la société, et ça on ne le voit pas assez. Moi, j'en ai fait une mission de vie, pour moi, d'aider ces gens-là à trouver leur place dans la société. Puis je pense que le projet qu'on vient de réaliser ici fait justement ça à point.

[Les participants sont réunis et lèvent le bras dans les airs.]

[En chœur.] : Yé!

[Logo. Ensemble, on fait avancer le Québec.]

[Logo de l’Office des personnes handicapées du Québec.]

Cette vidéo présentant Pleins RayonsCe contenu Web externe, qui s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, peut comporter des obstacles à l'accessibilité puisqu'il est hébergé dans un autre site Web. produite en novembre 2016 est disponible dans la chaîne YouTube de l'Office. Vous y trouverez également une version en langue des signes québécoise (LSQ) de la vidéo présentant Pleins RayonsCe contenu Web externe, qui s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, peut comporter des obstacles à l'accessibilité puisqu'il est hébergé dans un autre site Web..

Communiqué de presse du lauréat de la catégorie Organismes à but non lucratif

Portrait de l'organisme Pleins Rayons, réalisé dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées, édition 2017

L’organisme Pleins Rayons a vu le jour en 2015, après que Stéphan Marcoux, passionné de cyclisme et récréologue en loisirs thérapeutiques, et que le philanthrope Michael Herman eurent décidé d’unir leurs forces pour créer un programme novateur : le programme Pleins rayons. Ce programme s’adresse aux jeunes adultes de la région de Brome-Missisquoi ayant une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme ou étant à risque de décrochage scolaire. Axé sur l'apprentissage de la mécanique de bicyclettes, le programme a pour objectif d'accroître la participation sociale de ces jeunes par l'acquisition d'habiletés socioprofessionnelles leur ouvrant de nouveaux horizons sur le marché du travail. Après seulement dix mois d’existence, l’organisme a remporté le Prix À part entière 2016, et depuis, le chemin parcouru est immense. Le nombre de participants a bondi et les projets se multiplient. Portrait d’un organisme qui fait la différence. 

Faire briller le talent de chacun

« Nous faisons réaliser à nos jeunes que tout est possible avec un bon soutien. C’est possible de vivre ses rêves, même avec une incapacité », confie d’entrée de jeu Stéphan Marcoux, directeur général de l’organisme. « Ces jeunes-là sont des personnes à part entière, qui font intégralement partie de leur communauté et de la société québécoise. »

La clé pour permettre à ces jeunes de pleinement se réaliser et de faire briller leur talent est de miser sur les forces de chacun, selon Myriam de Coussergues, éducatrice spécialisée et directrice adjointe de l’organisme. « Pour accroître la participation sociale des jeunes handicapés, il faut aller chercher les forces de chacun et leur trouver des mandats qui leur conviennent. Ils vivent à travers ça tellement de réussites et de succès! Leur estime de soi grandit et ils peuvent continuer à s’épanouir. »

Madame de Coussergues cite en exemple un jeune ayant un trouble du spectre de l’autisme, qui, à son arrivée à Pleins Rayons, était très introverti. Au fil des rencontres et des apprentissages, il a gagné en assurance et développé de nouvelles compétences. Il est maintenant chef mécanicien et anime des activités pour les enfants des écoles primaires. « C’est maintenant le visage de notre organisme; il donne des entrevues! On lui a donné les outils pour qu’il puisse sortir de sa coquille et réaliser ses rêves. » 

Donner au suivant

« Donner au suivant, ça se fait dans les deux sens, c’est un échange. On aide les participants du programme, mais eux nous apportent beaucoup également. Leur travail a un réel impact dans la communauté », affirme le directeur général de Pleins Rayons. Il faut mentionner que les bicyclettes qui sont restaurées par les apprentis mécaniciens de Pleins Rayons sont remises gratuitement aux enfants des écoles primaires de la région. Une belle action qui contribue au sentiment de fierté des participants et réjouit les jeunes qui n’auraient pas pu avoir un vélo autrement. « Les enfants qui reçoivent un vélo, on voit l’admiration dans leurs yeux. Nos participants deviennent des modèles pour eux », se réjouit monsieur Marcoux. Une excellente façon de briser les préjugés dès le plus jeune âge, selon lui. 

Des projets novateurs

Monsieur Marcoux et madame de Coussergues s’accordent pour dire que la réussite de leur programme repose en grande partie sur leur capacité à sans cesse se renouveler en développant des projets novateurs, qui répondent à de réels besoins. « On ne fait pas des projets pour faire des projets. On crée des projets, car il y a un réel intérêt dans la communauté », affirme  madame de Coussergues.

Et des projets, l’organisme n’en manque pas. Il faut dire que la roue tourne pour Pleins Rayons depuis sa fondation. Récemment, ils ont ouvert un atelier de vélos pour offrir au grand public des services de mise au point et vendre des bicyclettes restaurées. Une première à Cowansville.

Il y a également l’implication de Pleins Rayons au vignoble de l’Orpailleur, où la fabrication et l’installation de nichoirs pour accroître la population d’oiseaux gobeurs d’insectes nuisibles aux vignes ont permis de diminuer de 70 % l’utilisation d’insecticide. L’expérience fut une telle réussite que les participants sont actuellement en train de construire 600 autres nichoirs qui seront installés dans les vignobles et chez les pomiculteurs de la région.

« Tous ces projets-là, c’est nos jeunes qui font ça! C’est une belle manière pour eux d’avoir un impact dans leur communauté et sur leur environnement. C’est incroyable quand tu y penses! Participation sociale : 100 %! », conclut monsieur Marcoux.

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Catégorie Municipalités, MRC et autres communautés

Conseil de la Première Nation Abitibiwinni : un groupe unique pour faire la différence

Constatant qu’au sein de la Première Nation Abitibiwinni les personnes ayant des incapacités ou des troubles de santé mentale, plus susceptibles d’être marginalisées, n’étaient pas soutenues par les services et programmes en place, des intervenants du secteur de la santé ont décidé de regrouper leurs efforts pour répondre à leurs besoins. C’est ainsi qu’en 2012, pour favoriser leur socialisation, prévenir la toxicomanie et, ainsi, éviter d’éventuelles situations de crise, une dizaine d’intervenants se sont investis. Sous le nom Groupe Unique, des éducatrices en milieu naturel, une psychoéducatrice, une psychologue, une travailleuse sociale, une infirmière, une agente Grandir ensemble et une coordonnatrice Avenir d’enfants ont mis leur expertise respective en commun pour faire une différence dans la vie de ces personnes. Les résultats sont palpables, les participants du groupe étant devenus plus visibles et impliqués dans les activités organisées par la communauté. En ce sens, le Groupe Unique se considère avant-gardiste, puisqu’un tel programme n’existe pas dans les autres communautés de la région; le groupe considère par ailleurs que la formule pourrait être adaptée à d’autres communautés autochtones et villages du Québec.

Présentation du Conseil de la Première Nation Abitibiwinni

Verbatim - Vidéo de présentation - Conseil de la Première Nation Abitibiwinni

 

[Logo du Prix À part entière 2016. Cinquième édition.]

[Conseil de la Première Nation Abitibiwinni (Groupe Unique), lauréat. Catégorie Municipalités, MRC et autres communautés.]

[Images extérieures de la communauté.]

Dany Ouellet, psychologue et initiatrice du projet, Secteur de la santé, Conseil de la Première Nation Abitibiwinni :

À la fin 2011, on a commencé à recevoir des demandes de certains proches des membres qui font maintenant partie du Groupe Unique. Ces proches-là avaient besoin de soutien, ne savaient pas comment intervenir auprès de certains de ceux-là. En 2012, j'ai lancé l'idée qu'on pourrait bâtir un groupe, pour diminuer l'isolement, pour favoriser le sentiment d'appartenance entre eux, pour qu'ils puissent passer du temps ensemble et être moins seuls, lorsqu'ils sont en détresse, qu'ils puissent avoir d'autres personnes à aller voir, et qu'ils viennent utiliser les services du centre de santé, aussi.

Lise Thibodeau, responsable Grandir ensemble, Secteur de la santé, Conseil de la Première Nation Abitibiwinni :

Le projet Unique a été mis en place il y a cinq ans. C'est un regroupement d'individus qui ont des particularités qui sont vraiment uniques, et c'est de là que découle le projet. Chaque personne qui fait partie du Groupe Unique a vraiment quelque chose de particulier à lui. Ça peut être un handicap physique, ça peut être une légère déficience intellectuelle, mais ça peut être aussi un problème de socialisation. C'est plus vaste, on touche à toute la clientèle. On n'est pas seulement structurés vers le handicap. Ça va plus loin que ça.

Le Conseil de la Première Nation Abitibiwinni chapeaute tout ce qui se passe ici dans la communauté et approuve tout ce qui se passe ici. Il donne du temps. Il permet aux employés justement de déborder de leurs fonctions, et c'est ce qu'on fait avec le Groupe Unique. C'est grâce à ça qu'on est capables de prendre du temps de nos intervenants pour pouvoir accompagner les membres du Groupe Unique.

Valérie Delisle, travailleuse sociale, Secteur de la santé, Conseil de la Première Nation Abitibiwinni :

Ils sont reconnus par la communauté, qui a une belle reconnaissance aujourd'hui. Ça fait qu'ils se sentent utiles dans la communauté. Ils sont reconnus par les autres personnes. Il y a vraiment un sentiment d'appartenance dans le groupe et il y a une chimie de groupe qui s'est installée aussi. Donc, ils ont créé des liens qui sont assez solides.

Lise Thibodeau :

On sent vraiment qu'il y a une visibilité et un effet énorme sur la confiance en soi et l'intégrité des individus. On sent que nos membres sont de plus en plus fiers, font partie de leur communauté.

Cette initiative-là permet vraiment une intégration et une visibilité des gens avec une unicité, je dirais, qui leur est propre. Je pense que l'initiative développe chez nos membres du Groupe Unique une confiance en eux. On constate chez certains que le dialogue, qui était presque inexistant, se fait maintenant volontairement. Ce sont eux qui nous approchent. Ce sont eux qui nous abordent. Il y a une appartenance qui s'est créée. Cet impact-là, je pense qu'il est visible. Il y a un amour d'eux-mêmes, au sein de la communauté.

Malik Kistabish, directeur du service, Secteur de la santé, Conseil de la Première Nation Abitibiwinni :

On les voit plus. On voit aussi que la communauté est fière de ça. On les voit travailler, on les voit s'impliquer à l'intérieur de la communauté. Je trouve ça génial qu'ils aient enfin leur place, si je peux dire ça comme ça.

David Kistabish, chef, Conseil de la Première Nation Abitibiwinni :

Si on a réussi à aller chercher les gens, si on a réussi à créer, chez ces gens-là, un sentiment de bien-être, de fierté, de faire partie de la communauté, je pense qu'on a réussi.

[Les membres du Groupe Unique sont déguisés et s’amusent à jouer avec un ballon. Rires.]

Lise Thibodeau :

C'est de les entendre rire, c'est de les voir heureux de venir s'impliquer, de partager leur temps. Quand ils participent, c'est jamais dans l'attente de quelque chose. C'est toujours volontairement. C'est ça, je pense, la plus grande paie pour le Groupe Unique : c'est la reconnaissance des gens qui les entourent.

[Logo. Ensemble, on fait avancer le Québec.]

[Logo de l’Office des personnes handicapées du Québec.]

Portrait du Groupe Unique, réalisé dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées, édition 2017

Le Groupe Unique est né en 2012 du besoin exprimé par des membres de la communauté de la Première Nation Abitibiwinni d’offrir plus de services aux personnes ayant des incapacités ou des troubles graves de santé mentale, souvent plus susceptibles d’être marginalisés. Constatant que les ressources en place étaient insuffisantes pour répondre à la demande de ces personnes, la psychologue Dany Ouellet a réuni une dizaine d’intervenantes qui se sont investies pour créer le Groupe Unique. Des éducatrices en milieu naturel, une psychoéducatrice, une travailleuse sociale, une infirmière, une agente Grandir ensemble et une coordonnatrice Avenirs d’enfants se sont donc jointes à elle afin de mettre leur expertise en commun pour faire une différence dans la vie de ces gens. Portrait d’un Groupe Unique. 

Briser l’isolement par la participation sociale

« Lorsqu’on a créé le programme, l’objectif était de briser l’isolement, de mieux répondre aux besoins et de faire de la prévention afin d’éviter d’éventuelles situations de crise ou de marginalisation », confie Dany Ouellet, l’instigatrice du programme. Pour ce faire, une activité est organisée toutes les deux semaines. « Ça peut être une activité de sport, de musique, d’artisanat ou un après-midi de discussion. C’est très varié, mais c’est toujours associé à de la sensibilisation. On peut faire de la prévention au niveau de la toxicomanie, on peut parler de l’estime de soi, de l’importance de s’affirmer. On parle de toutes sortes de choses! », poursuit-elle. En plus de ces activités, le groupe s’implique dans divers projets afin de contribuer au mieux-être de leur communauté, notamment dans le Projet ménage : de mai à septembre, des participants du programme participent au ménage des lieux publics afin d’embellir leur milieu. Une belle action qui est des plus appréciées par l’ensemble de leurs concitoyens.

Et les retombées de ces activités se font réellement sentir chez les participants du programme. Le sentiment d’être importants, pleinement reconnus et impliqués dans leur communauté a changé leur vie. « L’ouverture et la reconnaissance que leur a apportées le Groupe Unique leur ont permis de nouvelles possibilités. Leur estime de soi a énormément augmenté. Il y a des personnes qui ont décidé de retourner aux études, d’autres qui ont été engagées à la garderie. Au niveau du langage, deux de nos participants ne parlaient pratiquement pas et, maintenant, leurs capacités langagières sont… phénoménales! », illustre madame Ouellet. « Tous les impossibles deviennent possibles tout d’un coup juste parce qu’on a pris du temps pour favoriser leur participation sociale. » 

Des gestes simples, qui font la différence

Le conseil que donnerait madame Ouellet à toute personne qui souhaiterait s’impliquer et poser des actions pour accroître la participation sociale des personnes handicapées est fort simple : « Faites-le! » Selon elle, il ne faut pas avoir peur d’oser et d’essayer, et surtout, d’en parler autour de soi. « Souvent, on pense, mais on ne fait rien. Mais, quand on en parle autour de soi, on se rend compte qu’il y a d’autres personnes qui voudraient s’impliquer, et on crée un mouvement de vagues. » Nul besoin de se lancer dans des projets compliqués, car des gestes simples peuvent faire la différence. « On peut organiser un pique-nique, une activité de loisir; on ne fait pas des choses compliquées, et ça fonctionne! » Des actions significatives, que tout un chacun peut accomplir pour rendre la société plus inclusive.

Fier de leur succès, le Groupe Unique désire poursuivre sur cette voie. La reconnaissance du Prix À part entière est venue consolider leurs assises et leur donner un coup de pouce supplémentaire pour leur permettre d’organiser d’autres activités inclusives. « C’est une petite tape dans le dos qui vient nous confirmer que "ça valait le coup", et nous donner une bonne dose d’énergie pour continuer et avancer avec notre groupe. »

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Catégorie Ministères et leurs réseaux, organismes publics et parapublics

CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec : un partenariat tripartite menant à un premier circuit d’appareils de conditionnement physique inclusif à Victoriaville

Une consultation publique préalable à l’élaboration de la planification stratégique en accessibilité universelle de la Ville de Victoriaville avait notamment permis de constater le peu de possibilités pour les personnes handicapées de l’endroit de participer à des sports adaptés ou à des activités physiques en salle de conditionnement. C’est ainsi que, en vertu d’une entente tripartite, les services externes de réadaptation en déficience physique du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec se sont associés à la Ville de Victoriaville et à un centre de conditionnement physique local afin de mettre à la disposition des personnes ayant des incapacités physiques un circuit de sept appareils de conditionnement adaptés. Cette mise en commun des efforts, ayant mené à la réalisation d’un projet contribuant à améliorer les services offerts aux personnes handicapées, constitue par ailleurs un pas de plus dans la marche vers une localité inclusive où les besoins de tous les citoyens sont pris en compte.

Présentation du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec

Verbatim - Vidéo de présentation – CIUSSS MCQ

 

[Logo du Prix À part entière 2016. Cinquième édition.]

[Logo du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, lauréat. Catégorie Ministères et leurs réseaux, organismes publics et parapublics.]

Nathalie Roussel, responsable à l'accessibilité universelle, Ville de Victoriaville :

Alors le projet Gym inclusif, c’est des installations dédiées à l’entraînement physique, qui sont disponibles dans un lieu public à Victoriaville pour l’ensemble de la population. Ce sont des équipements qui sont à la fois adaptés aux personnes en situation de handicap, mais inclusifs pour l’ensemble des citoyens.

Michel Beaudet, éducateur physique et kinésiologue, Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec :

Ça fait à peu près quinze ans déjà qu’on a une entente avec le centre de conditionnement physique Maxi-Forme ici, où est-ce qu’on venait avec notre clientèle de réadaptation en déficience physique. Puis, à force de travailler ici, on s’est rendu compte qu’il pouvait manquer certains équipements et appareils pour que les gens puissent poursuivre ce qu’ils venaient chercher pour leur capacité physique en réadaptation. Et à ce moment-là, c’est sûr que pour le conditionnement physique, ils pouvaient plus ou moins continuer par eux-mêmes, surtout pour les gens qui présentaient encore des déficiences importantes au niveau physique, surtout en déplacement, parce qu’ils n’étaient pas capable de faire des transferts sur les appareils conventionnels. Avec mon aide, ça pouvait toujours aller, mais par eux-mêmes, de façon autonome, c’était difficile.

Nathalie Roussel :

Ce qui est intéressant au niveau du partenariat, c'est que chez nous à Victoriaville, on était en terrain connu. On travaille en concertation depuis très très longtemps. On travaille avec le centre de réadaptation InterVal régulièrement. Ce qui était nouveau, c'était de travailler de façon aussi étroite avec le privé et ça, ça a été vraiment une approche gagnante pour ce projet?là.

Roxanne Galarneau, gérante, Gym Maxi-Forme :

Notre rôle, nous, ça a été surtout d'accueillir le projet, d'accueillir les appareils pour mettre le gymnase à la disposition des usagers, pour intégrer le circuit aux appareils que nous avions déjà. Nous avons rénové le gymnase, adapté les vestiaires pour non seulement accueillir les personnes aux appareils, mais aussi leur permettre d'avoir accès aux vestiaires, au complet.

Louis Bernier, usager :

Ça a eu un bon impact, parce que moi j'ai eu un accident il y a deux ans, alors que j'étais en vélo adapté. Avant ça, j'étais capable de faire mes transferts parce que j'avais mes deux bras. Maintenant, juste avec un bras, c'est merveilleux, parce qu'on n'a pas besoin de faire nos transferts. On se place à l'appareil, on fait nos exercices.

Cécile Simoneau, usagère :

J'adore ça. Ça améliore mon quotidien. Ça m'aide pour mes transferts et pour le renforcement de mes abdominaux. C'est bien le fun.

Simon Brouillard, chef de service, Unité de réadaptation fonctionnelle intensive, Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec :

Cette initiative-là, ce projet novateur-là, dans le fond, ce que ça permet de faire, c'est de donner un accès accru aux personnes qui ont des limitations physiques à des activités de loisir. Ce qu'on veut favoriser aussi, c'est, pour les personnes qui ont une limitation physique, qu'elles puissent aussi développer de meilleures habitudes de vie.

Louis Bernier :

L'impact que ça a eu dans ma vie touche le social et tout. On ne reste pas chez nous, on voit du monde, on discute. Ici, c'est merveilleux. On est comme une famille ici. Tout le monde s'entraide. On a besoin de quelque chose pour ajuster un appareil et tout le monde vient nous aider. Donc, c'est super le fun de venir s'entraîner ici.

Michel Beaudet :

Ça accroît leur participation sociale de façon très importante. Souvent, ce sont des gens qui, parce qu'ils ont des problématiques de déplacement, ils sortent moins, ils font moins d'activités de loisir. On n'arrête pas de dire que dans notre société, c'est important pour les gens de se remettre en forme, de se mettre en action, de bouger. En commençant par un centre de conditionnement physique pour aller développer leur condition physique de base, à ce moment?là, ils peuvent vraiment, mais vraiment accroître leur participation sociale de façon générale.

[Logo. Ensemble, on fait avancer le Québec.]

[Logo de l’Office des personnes handicapées du Québec.]

Portrait du CIUSSS MCQ, réalisé dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées, édition 2017

À la suite d’une démarche de consultation publique menée en 2013 en vue de préparer la nouvelle planification stratégique en accessibilité universelle de la Ville de Victoriaville, le besoin d’avoir accès à un centre de conditionnement physique adapté a été clairement identifié par des personnes handicapées et des intervenants du milieu. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Maurice-et-du-Centre-du-Québec, qui utilisait déjà les locaux du gymnase Maxi-Forme pour offrir des services de réadaptation, a vu là une opportunité des plus intéressantes. « On avait déjà un partenariat avec le gym, et on s’est dit qu’on devait saisir cette opportunité pour fournir l’accès à davantage d’appareils adaptés, d’autant plus que le centre prévoyait faire des travaux d’agrandissement », nous a appris monsieur Simon Brouillard, chef de service de l’unité de réadaptation fonctionnelle intensive du CIUSSS de la Maurice-et-du-Centre-du-Québec.

Devant ce qu’elle qualifie « d’un alignement de planètes exceptionnel » réunissant toutes les conditions gagnantes, madame Nathalie Roussel, responsable de l’accessibilité universelle à la Ville de Victoriaville, s’est dit : « On va utiliser toutes les ressources sur le territoire et voir ce qu’on peut faire par rapport à ça. C’est vraiment l’origine du projet. » C’est ainsi que naissait une entente tripartite entre le CIUSSS, la Ville de Victoriaville et le gym Maxi-Forme, qui a permis de mettre à la disposition des personnes ayant des incapacités un circuit de sept appareils de conditionnement adaptés dans un centre accessible.  

Miser sur l’expertise de chacun

Chacun des partenaires du projet s’entend pour dire que ce circuit adapté n’aurait pu voir le jour sans la mise en commun de leur expertise et l’union de leurs forces. « La Ville de Victoriaville a offert du soutien au niveau financier et logistique, le centre de réadaptation rattaché au CIUSSS a fourni son expertise quant au choix des équipements, et Maxi-Forme est un spécialiste de l’entraînement physique. Donc, on est vraiment allé chercher un ensemble intéressant de partenaires avec des connaissances spécialisées et variées et en combinant tout ça, on a créé quelque chose d’extraordinaire », confie madame Roussel.

Monsieur Brouillard abonde dans le même sens : « L’originalité du projet, c’est qu’on a établi un partenariat avec le milieu municipal, avec le secteur privé et un organisme public du réseau de la santé. Il ne faut pas se limiter aux barrières interorganismes et ne pas hésiter à aller de l’avant pour partager nos ressources et créer des projets originaux et audacieux! » Roxanne Galarneau, gérante du gym Maxi-Forme, poursuit : « Chaque partenaire avait une grande volonté de réaliser ce projet. C’est cette volonté qui a fait en sorte qu’on a pu travailler ensemble pour développer ce circuit. » 

S’inspirer mutuellement à bâtir une société plus inclusive

Les initiateurs du projet espèrent inspirer d’autres organisations à travailler ensemble pour faire avancer des projets visant à accroître la participation sociale des personnes handicapées et, selon eux, le Prix À part entière contribue à cela. « Ce prix, c’est une reconnaissance tangible des efforts qu’on a mis en place en plus d’être une belle visibilité pour la Ville. Les "bons coups" comme notre entente, c’est important de les souligner et d’en faire la promotion pour que ça ne reste pas des initiatives isolées et que ça puisse être reproduit partout au Québec », souligne madame Roussel.

Et c’est avec joie que les différents partenaires sont prêts à soutenir des initiatives semblables.  «Il y a des gens qui ont communiqué avec le CIUSSS et la Ville de Victoriaville. Ça nous fait toujours plaisir de partager notre expérience et de dire que, oui, c’est possible, et qu’il faut travailler ensemble si on veut être en mesure de réaliser de beaux projets », nous a confié monsieur Brouillard. 

Faire tomber les barrières

Au-delà de leur partenariat, les trois organisations s’entendent pour dire que la réussite de leur projet repose sur la dimension inclusive de ce dernier, où les besoins de tous sont pris en compte. Il s’agissait pour eux d’un élément central à considérer, qui s’inscrit dans leur vision d’une plus grande participation sociale. « Le fait que le gym soit accessible à l’ensemble de la population, ça permet de porter un autre regard sur le handicap, relate Mme Roussel. Les gens ne voient plus le fauteuil roulant en premier. Ils voient une personne qui peut s’entraîner, 

comme eux, avec la seule particularité que les techniques employées sont un peu différentes. »

Simon Brouillard illustre ce propos par une scène dont il a été témoin : « Il y avait toute une bande assise à la table de l’accueil du gym. Il y avait des personnes avec et sans incapacité, et tout le monde s’amusait, riait aux éclats. Pour moi, c’était vraiment une belle image, une belle symbolique de participation sociale que peut créer la mise en place d’un projet comme celui-là. C’est comme si les incapacités de la personne s’effaçaient pour laisser la place aux personnes à part entière. En faisant tomber les barrières architecturales, on fait disparaître les obstacles qui nuisent à la participation sociale des personnes handicapées. »

Ce projet inclusif connaît un tel succès que l’achat de nouveaux appareils adaptés particulièrement sollicités est envisagé. « On va toujours rester à l’écoute des besoins de notre clientèle pour rendre l’entraînement physique accessible à tous », conclut madame Galarneau du gym Maxi-Forme. 

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Mention Coup de cœur du jury

Le Club de soccer Lakeshore : la participation sociale par l’activité physique

Confrontée au fait que le Club de soccer Lakeshore qu’elle dirige n’avait jamais, en 40 ans d’existence, pensé intégrer des enfants ayant des incapacités, Kelly-Anne Soutter s’est résolument mise à l’ouvrage en vue de rallier des bénévoles et des commanditaires; son club a ainsi procédé à un virage inclusif tenant compte des besoins de l’ensemble de la population. C’est ainsi que le programme des Super Sonics est né, en 2008, avec 40 enfants. L’initiative a fait des petits puisque le club du Lakeshore partage aujourd’hui ses connaissances avec les clubs de soccer avoisinants et leur offre son soutien. Premier programme du genre au Québec, Super Sonics a même été présenté aux Olympiques spéciaux du Québec comme concept pouvant être adapté à différents sports ou dans d’autres régions. Le programme a ainsi connu un essor important avec une augmentation du nombre de participants de 88 % sur 9 ans.

Présentation du Club de soccer Lakeshore

Verbatim - Vidéo de présentation – Club de soccer Lakeshore

 

[Logo du Prix À part entière 2016. Cinquième édition.]

[Club de soccer Lakeshore (Super Sonics). Mention Coup de cœur du jury.]

[Les jeunes du Club de soccer Lakeshore font rebondir un ballon sur leurs genoux.]

Michèle Janis, directrice culturelle, Ville de Beaconsfield :

La Ville de Beaconsfield était fière de soumettre la candidature du Club de soccer Lakeshore pour reconnaître l'engagement que ce club a pour les jeunes. C'est un club qui va au-delà d'un club de soccer normal par son engagement. On voit les familles, les entraîneurs, les dirigeants qui travaillent ensemble comme ambassadeurs, pour promouvoir les habiletés de ces jeunes-là.

Nick Pantemis, président, Club de soccer Lakeshore :

C'est un programme pour aider les enfants avec des besoins particuliers. On a créé un programme pour eux, pour les aider à sortir de la maison, aider les parents à être à l'extérieur, pour voir les jeunes avec un sourire et les faire faire un peu d'athlétisme et les faire participer à un sport.

Kelly-Anne Soutter, directrice générale, Club de soccer Lakeshore :

Depuis la première journée, le club, le comité d'administration, tout le monde donne son support à 100 % pour payer tout ça. Oui, on a des commanditaires. On en cherche chaque année, mais c'est le club qui organise des tournois, des levées de fonds. C'est vraiment important, car on essaie de garder les frais des participants au programme Super Sonics au minimum.

Michèle Janis :

Ça réduit l'isolement des parents. Ils ont une complicité qu'ils développent entre eux. Ils peuvent se réjouir de voir leurs enfants participer à quelque chose auquel ils se sentent vraiment acceptés.

Anna-Maria Rossi, mère d'un joueur Super Sonics :

Ça nous a permis de rencontrer d'autres parents qui avaient aussi des enfants avec des difficultés ou avec des besoins spéciaux. Donc, il n'y a pas seulement un impact pour les enfants : il y a un gros impact pour les parents aussi.

[Un jeune après avoir compté un but] : Yé!

Ronald McKeown, père d'une joueuse Super Sonics :

On ne peut pas dire assez à quel point nous, les parents, ensemble, on regarde les enfants jouer, mais on parle, on discute de nos problèmes, des services disponibles, des écoles, de tout ce qui est possible. Sinon, c'est difficile de voir d'autres parents et de discuter. On les voit peut-être à la fin des journées d'école, pour deux minutes, le temps d'un simple bonjour. Ici, on a une heure pour tout simplement discuter.

Michèle Janis :

Je dirais aussi que le programme a eu un impact important pour les jeunes entraîneurs. On parle de gens de 14 à 22 ans qui apprennent des leçons de vie. Ils apprennent l'importance du fait que chaque personne peut contribuer à la vie et à la communauté.

Jessica Conti, instructrice, Super Sonics, Club de soccer Lakeshore [Intervention en anglais] :

Je crois que la meilleure chose que l'on puisse dire à propos des Super Sonics du Lakeshore, c'est que nous offrons à des joueurs, pour qui il serait autrement impossible de se joindre à une équipe, l'opportunité d'en faire partie et de vivre quelque chose de spécial. Juste voir le sourire que le sentiment d'appartenance fait apparaître sur leur visage, c'est une formidable sensation.

Michèle Janis :

Je crois que le programme Super Sonics a eu un impact global sur la communauté. Ça nous montre qu'on ne devrait pas s'arrêter sur des handicaps, sur des choses comme ça. On devrait plutôt célébrer les habiletés des gens. Et on voit par ce programme-là que les jeunes de 4 à 12 ans, voire plus, peuvent participer à un sport et se sentir pleinement intégrés. Ils participent à part entière, comme on dit.

Max Townsend, joueur, Super Sonics :

Je suis avec les Super Sonics depuis plusieurs années. J'aime beaucoup en faire partie.

Kelly-Anne Soutter :

2017, ça fait dix ans. J'en suis fière. C'est beaucoup de travail, ça en est encore, mais je suis gâtée avec un club comme Lakeshore, qui me donne tout le support dont j'ai besoin. Et c'est quelque chose d'extraordinaire : on a des joueurs dans notre club de 4 ans à 99 ans. Et le programme Super Sonics, c'est ce qu'il y a de plus important pour moi.

[Équipe, en choeur] : 1, 2, 3, Super Sonics!

[Logo. Ensemble, on fait avancer le Québec.]

[Logo de l’Office des personnes handicapées du Québec.]

Cette vidéo présentant le Club de soccer LakeshoreCe contenu Web externe, qui s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, peut comporter des obstacles à l'accessibilité puisqu'il est hébergé dans un autre site Web. produite en novembre 2016 est disponible dans la chaîne YouTube de l'Office. Vous y trouverez également une version en langue des signes québécoise (LSQ) de la vidéo présentant le Club de soccer LakeshoreCe contenu Web externe, qui s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, peut comporter des obstacles à l'accessibilité puisqu'il est hébergé dans un autre site Web..

Portrait du programme Super Sonics, réalisé dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées, édition 2017

C’est en constatant que le Club de soccer Lakeshore n’avait jamais, en 40 ans d’existence, pensé à faire participer des enfants handicapés que l’idée a germé dans l’esprit de Kelly-Anne Soutter, la directrice générale du club, de procéder à un virage inclusif : « Je rencontrais plusieurs familles qui venaient assister aux matchs de leurs enfants, alors que leur frère ou leur sœur, qui avait une incapacité, ne pouvait jouer. Il ou elle était toujours là, mais comme spectateur… Je trouvais ça tellement triste! » C’est alors qu’elle s’est résolument mise à l’ouvrage en vue de rallier des bénévoles et des commanditaires pour réaliser son projet, qui s’est concrétisé en 2008 avec la naissance du programme Super Sonics. « Maintenant, ce sont les enfants handicapés qui sont sur le terrain, et leurs frères et sœurs sont les spectateurs à leur tour. Toute leur famille vient les encourager. C’est extraordinaire! », se réjouit madame Soutter.

Depuis sa création, la popularité du programme, premier du genre au Québec, ne cesse de grandir, avec une augmentation du nombre de participants de 88 % sur 9 ans. Portrait d’un programme qui rend l’activité physique accessible à tous les enfants! 

Sortir des sentiers battus

Pour développer un programme tel que Super Sonics, madame Soutter insiste sur l’importance de s’adapter et de savoir faire preuve d’originalité : « Il est important de comprendre que les enfants n’ont pas tous les mêmes besoins et qu’ils ne peuvent pas tous apprendre à la même vitesse. Chaque enfant est unique. Il faut être à l’écoute et sortir des sentiers battus pour développer des techniques qui conviennent à chacun. Avec un peu de créativité, il est possible de trouver des alternatives pour permettre à tous de jouer n’importe quel sport! » Pour ce faire, au lieu de se concentrer sur la dimension compétitive souvent associée au sport, il est préférable de mettre ses énergies sur le plaisir de jouer et le développement des capacités motrices globales, selon madame Soutter.

Bâtir ensemble une société plus inclusive

Madame Soutter croit également que son programme n’aurait jamais pu voir le jour sans l’aide de personnes œuvrant de différentes façons à accroître la participation sociale des personnes handicapées. « Lorsque j’ai pensé à créer le programme, j’avais une idée de ce que je voulais offrir, mais je n’avais aucune expérience de travail auprès des enfants handicapés. J’ai eu la chance de pouvoir compter sur l’expertise du personnel des Olympiques spéciaux et sur l’aide de bénévoles impliqués dans le domaine. Il est primordial de savoir bien s’entourer et de faire les recherches nécessaires pour être en mesure de répondre adéquatement aux besoins de ces enfants. » La réussite du programme repose donc sur l’énergie, la passion et l’engagement dont font preuve les entraîneurs et autres bénévoles impliqués dans le programme Super Sonics, qui contribuent, ensemble, à faire la différence dans la vie des jeunes qu’ils entraînent.

Le Prix À part entière : source d’inspiration

Bien fière de la réussite de son programme, qui a même été présenté aux Olympiques spéciaux du Québec comme concept pouvant être adapté à différents sports et dans différentes régions, madame Soutter espère que la visibilité du Prix À part entière inspirera d’autres organisations à faire de même. « Le Prix À part entière, ça permet à d’autres clubs de voir que, oui, c’est possible pour tous les enfants et les adolescents de faire partie d’une équipe, comme leurs voisins, leurs frères ou leurs sœurs, car tous les jeunes, avec ou sans incapacité, ont besoin de bouger et de faire du sport! » Le Club de soccer Lakeshore est ouvert à partager ses connaissances et à offrir son soutien à toute organisation qui souhaiterait développer un programme semblable, au même titre qu’il a pu lui-même compter sur l’aide de nombreux bénévoles pour instaurer son programme.

Un 10e anniversaire bien rempli!

Cet été marquera le 10e anniversaire du programme Super Sonics. Pour souligner l’événement, les enfants auront l’occasion de jouer des parties amicales avec des équipes d’autres clubs et feront la connaissance d’une nouvelle mascotte. Tous sont bien impatients de découvrir les nouvelles activités qui les attendent!

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Mise à jour : 6 juin 2017

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