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Volume 15 - numéro 3- SQPH 2021

ACTUALITÉS

Le sourire communicatif de Rosalie Taillefer-Simard

Rosalie Taillefer-Simard, porte-parole de la Semaine

Pour cette 25e édition, c’est au tour de Rosalie Taillefer-Simard de porter le message de la Semaine québécoise des personnes handicapées.

C'est un rôle important pour elle puisqu’elle pourra témoigner de sa propre expérience en tant que personne malentendante. Et surtout, parce qu’elle souhaite sensibiliser l’ensemble de la population aux défis quotidiens rencontrés par les personnes handicapées et aux gestes que nous pouvons toutes et tous poser pour rendre la société plus inclusive.

Cette animatrice, comédienne et artiste possède plusieurs atouts pour nous communiquer sa bonne humeur et sa joie de vivre. Nous l’avons rencontrée pour en savoir plus sur sa perception de son rôle de porte-parole ainsi que sur sa vision d’une société plus inclusive.

Qu’est-ce que cela représente d’être porte-parole de la Semaine cette année?

C’est sûr que ça représente tellement pour moi. Comme je suis une personne malentendante, je peux partager plein de situations que je vis au quotidien en tant que porte-parole. C’est comme un atout, autrement dit. J’ai beaucoup d’amis autour de moi qui ont des différences et je les aime beaucoup. Je connais tellement de belles personnes qui ont une incapacité. J’ai toujours voulu les mettre en valeur parce que je trouve qu’elles ont une grande maturité. Elles ont vécu des situations différentes et parfois, difficiles. C’est ce que je veux communiquer en tant que porte-parole. J’étais tellement contente quand je l’ai su et tellement émue de l’apprendre. Je veux donner le sourire au plus grand nombre de personnes possibles.

Est-ce que c’est encore important en 2021 de souligner la Semaine?

Je trouve qu’il est important de souligner la Semaine parce qu’il y a encore des améliorations à faire dans notre société. En 25 ans, il y a eu des améliorations, mais on peut aller encore plus loin. Un geste à la fois, comme on le dit si bien avec le slogan de la Semaine (rires). Toute la population devrait faire un petit geste tous les jours parce que ça peut changer plein de choses pour les personnes handicapées. Ça vaut la peine que les personnes handicapées soient mieux intégrées dans la société, comme au travail et à l’école.

C’est important de continuer à souligner la Semaine parce qu’on voit encore aux nouvelles à la télévision, des personnes handicapées ou avec une différence pour qui c’est difficile de trouver un emploi et de s’intégrer.

Quelle est l’importance de pouvoir compter sur un bon réseau autour de soi lorsque l’on a une incapacité?

J’ai la chance d’avoir de bons parents. Ils m’ont donné beaucoup d’amour. Quand j’étais petite, je voulais danser et suivre des cours de danse. Mes parents ne m’ont jamais dit : « Rosalie, tu es malentendante. Tu ne peux pas danser parce que tu n’entends pas la musique ». Les parents ne doivent pas arrêter l’élan de leur enfant, peu importe son incapacité. Il ne faut pas écouter ces voix négatives qui nous empêchent de faire ce qu’on aime. Il faut écouter les voix positives qui croient en toi parce qu’elles vont t’amener beaucoup plus loin et te faire grandir. J’ai eu la chance d’avoir un bon entourage. C’est tellement important d’avoir une bonne famille sur qui tu peux compter. Quand tu vis des moments plus difficiles, ta famille peut discuter avec toi et te comprendre parce qu’elle est là pour te soutenir et échanger avec toi sur ce qui te préoccupe.

Honnêtement, je n’ai pas été intimidée à l’école. Mais, il est arrivé une fois qu’une fille au primaire me dise que je parle comme un robot. Après, c’est certain que j’ai pleuré. Quand je suis arrivée à la maison, j’ai dit à mes parents ce qu’elle m’avait dit et je leur ai demandé ce que je devrais faire. Mes parents m’ont dit : « Tu vas la revoir demain et tu lui expliques ta surdité pour qu’elle comprenne ton incapacité et qu’elle sache ce que tu vis. Et tu lui dis que tu aimes mieux être sourde que d’entendre ses niaiseries ». C’est ce que j’ai fait et après, elle ne m’a plus achalé avec ça (rires)!

Je pense que j’ai toujours été bien dans ma peau. C’est important de l’être parce que si l’on n’est pas bien les autres le perçoivent et sentent que tu n’es pas bien dans ta peau. Quand tu es bien dans ta peau, tout le monde a envie d’être avec toi, de t’entourer parce que ça leur fait du bien d’être avec toi. C’est comme un échange. À l’école, je m’entendais bien avec tout le monde. J’aimais parler à tout le monde, me mêler aux autres. Je voulais faire comme les autres et je ne voulais pas me sentir à part.

Quel est l’obstacle le plus urgent à réduire aujourd’hui pour les personnes handicapées?

Les emplois! C’est vraiment important d’avoir accès à un emploi. J’ai rencontré quelques personnes handicapées et ça fait des années qu’elles n’ont pas eu d’emploi. Le fait qu’elles aient un travail à leur mesure et qu’elles aimeraient leur ferait tellement de bien. Elles pourraient apprécier encore plus le fait de travailler. C’est vraiment l’emploi qui est important à mettre de l’avant parce qu’avoir un emploi nous valorise. Tu te sens utile de faire quelque chose dans la vie.

Quel conseil pourrait-on donner à une personne qui aimerait poser un geste pour favoriser la participation sociale des personnes handicapées?

Être patient envers les personnes qui ont une incapacité. Quand on reçoit une personne avec incapacité, il ne faut pas avoir peur de lui offrir son aide. Souvent, les gens sont mal à l’aise. Offrez votre aide. Si la personne refuse l’aide, c’est que la personne est correcte et qu’elle n’a pas besoin d’aide. Il ne faut pas avoir peur d’oser demander et de s’entraider entre nous.

Quel serait votre souhait le plus cher que vous aimeriez voir se réaliser pour les prochaines années?

Mon plus grand souhait, c’est qu’il y ait plus d’accessibilité. Par exemple, il faudrait qu’il y ait un lien sur les sites Web des entreprises dans leur offre de services à leur clientèle qui nous permettrait de communiquer avec une personne qui est spécialement formée pour répondre aux demandes des personnes handicapées.

C’est comme au cinéma quand je vais voir un film qui n’est pas sous-titré. Je sais qu’il y a un système qui permettrait de mettre les sous-titres, mais c’est vraiment rare qu’ils l’utilisent. Je ne suis pas une personne qui va protester. Je vais au cinéma quand même avec mes amis, même si je ne comprends pas tout. Je peux faire ma propre histoire du film.

Comme il y a des personnes qui ont des incapacités dans notre société, les entreprises devraient se demander ce qu’elles peuvent faire pour améliorer leurs services, leurs activités pour les rendre plus accessibles à l’ensemble de la population.

Office des personnes handicapées du Québec.

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