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Office des personnes handicapées du Québec

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Cyberbulletin officiel de l'Office des personnes handicapées du Québec

Express-O Volume 6, numéro 18 – 3 décembre 2012

Journée internationale des personnes handicapées

DOSSIER SPÉCIAL

L’Italie, championne de l’intégration scolaire

Drapeau italien

L’Italie fait figure de pionnière en matière d’intégration scolaire. De fait, il y a plus de 30 ans que les écoles et les classes spécialisées pour enfants handicapés n’existent plus dans ce pays. De nombreuses sources, dont l'Université Foro Italico de Rome, confirment que tous les élèves, handicapés ou non, fréquentent la classe ordinaire.

« Cette intégration dans le milieu ordinaire est un formidable vecteur de socialisation pour les enfants, affirmait la mère d’une élève handicapée dans un article du magazine DéclicCe lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.Ce contenu Web externe, qui s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, peut comporter des obstacles à l'accessibilité puisqu'il est hébergé dans un autre site Web., publié en avril dernier. Toutes ces pratiques mises en place dans l’univers scolaire ont bien sûr des répercussions positives en dehors de l’école, notamment sur l’accès au loisir : Barbara a toujours été acceptée dans les clubs mixtes de la [ville] ».

Cette pleine intégration scolaire des enfants handicapés est possible grâce, entre autres, aux enseignants spécialisés qui secondent les maîtres de classe accueillant un élève handicapé. En plus d’aider l’enseignant principal à travailler avec toute la classe, l’enseignant spécialisé permet à l’élève handicapé d’acquérir une méthode de travail spécifique qu’il pourra utiliser en son absence. Au besoin, il passe quelques heures par semaine à travailler seul avec son protégé, en dehors de la classe. Il assume aussi un rôle d’agent de liaison entre les divers intervenants de façon à favoriser la cohérence des interventions.

En Italie, quand un élève est reconnu en situation de handicap, il a droit non seulement à un enseignant spécialisé et à une classe au nombre d’élèves réduit, mais aussi à une aide économique ainsi qu’à des interventions pour favoriser son entrée dans le monde du travail.

À première vue, nous pourrions donc en conclure que l’Italie alloue beaucoup de ressources à son système d’éducation. Mais détrompons-nous! L’Italie est moins riche que le Canada (en termes de produit intérieur brut par habitant) et elle alloue 4,7 % de son produit intérieur brut à l’éducation, soit 0,1 % de moins que le Canada.

Trente ans d’expérience

La pleine intégration scolaire en Italie est le fruit d’une série d’étapes échelonnées sur de nombreuses années. C’est en 1971 que le gouvernement a fait un premier pas en ce sens en adoptant une loi prescrivant l’intégration scolaire des élèves handicapés dans les classes ordinaires. Mais il a fallu attendre 1975 avant que les premières expérimentations soient mises en œuvre.

Puis, en 1977, une nouvelle loi a définitivement changé le portrait de l’intégration scolaire en abolissant les classes spécialisées destinées aux enfants handicapés, en rendant obligatoire l’attribution de ressources aux écoles ordinaires et en prévoyant la mise en place d’enseignants spécialisés. Cette loi donna naissance à des formations nouvelles pour tous les enseignants. À mesure qu’ils terminaient leur formation universitaire, les enseignants spécialisés ont intégré les classes.

D’autres mesures législatives ont été prises par la suite. Par exemple, à la fin des années 80, un arrêt juridique établissait que l’intégration des élèves handicapés aux études postsecondaires devait être non seulement facilitée, mais réalisée. Quelques années plus tard, la responsabilité de l’État pour éliminer les obstacles a été définie; l’aide et le soutien aux familles ont été développés.

L’augmentation de l’accueil d’élèves handicapés entre 1998 et 2008 a été d’environ 50 %, une proportion de loin supérieure à l’augmentation du nombre total d’élèves (3 %). Ainsi, même dans ce pays considéré comme modèle en matière d’intégration scolaire, la culture de l’intégration est toujours en développement. D’ailleurs, il subsiste encore certaines difficultés, notamment concernant l’implication des intervenants de la santé et des organismes locaux. Divers projets ont cours pour améliorer ce point faible.

L’école italienne d’aujourd’hui

En 2008, on comptait en Italie un élève handicapé pour 44 élèves, autrement dit, un élève handicapé pour deux classes. Chaque enseignant spécialisé s’occupe en moyenne de deux élèves handicapés.

En première année du primaire ou du secondaire, la classe qui accueille un enfant en situation de handicap ne compte pas plus de 20 élèves. La deuxième année, ce nombre peut varier puisque quelques élèves peuvent s’ajouter à la classe (par exemple, en raison d’un déménagement). En effet, à cette étape-ci, ce n’est plus tant le nombre d’élèves au total dans la classe qui importe, mais que l’élève en situation de handicap puisse poursuivre son parcours avec les mêmes camarades. La classe ne peut toutefois jamais compter plus de 25 élèves au total. Par ailleurs, la présence de plus d’un élève en situation de handicap dans une classe n’est envisagée que lorsqu’il n’existe pas d’autre solution.

Des outils prescrits par la loi

Depuis quelques années, pour recevoir des ressources dédiées à l’intégration d’élèves handicapés, les établissements scolaires (écoles comme universités) doivent démontrer leur capacité de planification et savoir présenter les résultats obtenus. Pour ce faire, la loi prescrit l’utilisation de trois outils qui ne doivent pas concerner que l’environnement scolaire, mais être utilisés en collaboration avec le système de santé et les organismes locaux. Dans ces outils sont consignés les détails du diagnostic médical, les forces de l'enfant, les apprentissages souhaités et les interventions planifiées.

Qu’en pensent les Italiens?

À la fin des années 80, les résultats d’une recherche sur l’attitude des enseignants à l’égard des élèves en situation de handicap ont démontré que les enseignants ayant eu des contacts avec ces élèves font état de moins de problèmes que ceux appréhendés par les enseignants qui n’ont eu aucune expérience. Il en ressort que les enseignants approuvent l’intégration scolaire parce qu’ils croient que, de cette façon, le développement et l’apprentissage de tous les élèves sont facilités. Toutefois, ils réclament une présence plus marquée des enseignants spécialisés et des autres professionnels, plus de temps et plus de ressources matérielles ainsi qu’une formation plus spécialisée.

Quant à l’attitude des camarades et de leurs parents, d’autres études démontrent la même relation : l’expérience directe favorise l’acceptation de l’élève en situation de handicap.

D’ailleurs, des programmes visant à favoriser l’acceptation des enfants ayant des incapacités par leurs camarades ont été mis sur pied pour tous les niveaux d’études, de la prématernelle à l’université. L’objectif était de contribuer au développement d’une connaissance réaliste des incapacités et donc de faciliter les comportements positifs envers les élèves à intégrer. En 1990, l’efficacité de ces programmes a été démontrée scientifiquement.

Conclusion

Avec plusieurs lois et mesures législatives, des outils officiels, du personnel spécialisé, différentes façons de réduire les obstacles et une expérience généralement positive, les Italiens ont des bases solides pour assurer la scolarisation des élèves handicapés en classe ordinaire et en faire profiter toute leur société. Malgré cela, ils ne tiennent pas l’intégration scolaire pour acquise. Plusieurs aspects peuvent encore être améliorés et, comme dans bien des sociétés, le système scolaire italien est confronté à des compressions budgétaires. Pour maintenir la pleine intégration scolaire, les associations concernées sont très actives. Ainsi, c’est sans doute grâce aux efforts soutenus d’une foule d’acteurs, gouvernementaux et non gouvernementaux, que l’Italie est un modèle mondial d’intégration scolaire depuis plus de 30 ans.

Office des personnes handicapées du Québec.

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