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Express-O Volume 9, numéro 5 – 17 septembre 2015

MIEUX COMPRENDRE... EN 3 MINUTES

Icône : un bonhomme tient un livre ouvert. Des points d'intérogation et d'exclamation sont au-dessus de sa tête.

Les concepts associés à la participation sociale des personnes handicapées sont importants. Leur compréhension est essentielle pour saisir le fondement des orientations gouvernementales en la matière.

C’est pourquoi Express-O vous propose désormais la chronique « Mieux comprendre… en 3 minutes ». L’éclairage à la fois bref et précis que ces articles vous apporteront sur divers enjeux vous permettra de mieux comprendre, d’une part, la situation des personnes handicapées au Québec, et d’autre part, les avis de l’Office. Voici le premier article de cette chronique.

L’importance des mots

Il y a quelques décennies, on pouvait lire dans une publication sérieuse des expressions comme « un invalide » ou « un déficient ». Aujourd’hui, on préfère parler « d’une personne handicapée ». Question de mode, croyez-vous? Pas du tout. En fait, le vocabulaire que nous employons reflète généralement notre compréhension ou notre appréciation du monde qui nous entoure.

Il n’y a pas si longtemps, la personne handicapée n’était pas vraiment considérée comme une personne à part entière. On identifiait la personne uniquement à sa déficience (un déficient), voire aux préjugés de la société à son endroit (on pense qu’il ne peut rien faire, alors on dit que c’est un invalide). Heureusement, les mentalités évoluent; et ainsi va le vocabulaire. Aujourd’hui, lorsque l’on parle d’une personne handicapée, on considère d’abord la personne qu’elle est avant de nommer sa déficience ou son incapacité. C’est pourquoi on dira « une personne handicapée » plutôt qu’« un handicapé ».

Si l’on veut une société plus inclusive, il faut éviter les expressions désuètes et péjoratives, car elles transmettent des préjugés. « Fou », « malade » ou « arriéré », pour ne nommer que ceux–là, sont des mots lourds de conséquences. Quand un animateur radio parle de « mongols », comme on a pu l’entendre cet été par exemple, il laisse croire que l’utilisation de ce terme est correcte et normale, ce qui peut avoir une influence négative sur certains auditeurs. Dans le même ordre d’idées, des expressions comme « clouée à son fauteuil roulant » donnent aussi une mauvaise image de la personne (celle–ci peut être très active malgré son incapacité).

À bien y penser

Il n’est pas toujours nécessaire de nommer l’incapacité d’une personne. Après tout, ce n’est qu’une de ses caractéristiques. La personne est aussi une femme ou un homme, qui porte les cheveux longs ou courts, d’une origine ethnique ou d’une autre, etc. On ne devrait spécifier la déficience ou l’incapacité que si l’on veut en parler spécifiquement et non pour qualifier une personne.

Une personne aveugle… vraiment?

Pour ne pas ouvrir la porte aux préjugés, il importe aussi de tenir des propos exacts. Si je dis d’une personne qu’elle est aveugle, l’est–elle réellement? La plupart des gens qui ont une incapacité visuelle ne sont pas totalement aveugles. Ils ont ce que l’on appelle un « résidu visuel » plus ou moins grand. Les gens qui ne sont pas sensibilisés à cette réalité peuvent porter des préjugés et ainsi nuire à la participation sociale des personnes handicapées. Observez :

À l’épicerie, un homme marche avec une canne blanche. Il s’arrête, prend une conserve de petits pois et l’approche de ses yeux. Un client remarquant la scène s’exclame, offusqué : « Eh! Ça n’a pas de bon sens de se faire passer pour un aveugle de même! »

En fait, l’homme a réellement besoin d’une canne blanche pour s’orienter et se déplacer, mais son résidu visuel lui permet de percevoir une image lorsque celle–ci est très près de ses yeux. On ne connaît pas toujours la condition précise de la personne dont on parle. Pour éviter de propager ce type de préjugés, dans le cas d’une personne possiblement aveugle, on peut tout simplement dire qu’elle a une incapacité visuelle, sans en préciser la nature.

Vision normale. Image claire d'un chat.
Image embrouillée d'un chat
Cécité totale : carré noir
Vision indéfinie. L'image d'un chat est norcie par endroits.
Vision centrale, en tunel. Un chat dans un cercle au centre de l'image. le reste est noir.
Vision périphérique. Image d'un chat avec une tâche noire au centre de l'image.

Les préjugés peuvent avoir des impacts sérieux, voire mener à la discrimination. Observez de nouveau :

C’est le festival ABC. Un festivalier se rend dans la section réservée aux personnes handicapées pour pouvoir s’asseoir pendant le spectacle. Il peut marcher, mais est incapable de rester debout plus de quelques minutes. Un bénévole responsable des lieux lui refuse l’accès. S’il ne se déplace pas en fauteuil roulant, il devra prouver qu’il est bien une personne handicapée! Le festivalier ne pourra assister au spectacle.

Ces deux exemples montrent bien l’importance d’éviter de propager des préjugés, de sensibiliser la population et de former le personnel en contact avec le public. Le choix d’un vocabulaire précis, respectueux de la personne et positif contribue à dépeindre la situation telle quelle est, ce qui favorise la compréhension et réduit les préjugés. C’est un pas vers une société plus inclusive. Pour en savoir davantage, ne manquez pas la suite de cet article dans une prochaine édition d’Express–O.

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