Besoin d'aide ? 1 800 567-1465
Aller au contenu Aller au menu principal Office des personnes handicapées du Québec.
Vous êtes ici :
Bandeau de la Semaine québécoise des personnes handicapées, du premier au 7 juin 2019, Ensemble bâtissons une société plus inclusive.

Témoignages : intégration en service de garde d’enfants handicapés

Dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées, nous vous proposons des témoignages sur l’intégration en service de garde d’enfants handicapés. À travers les témoignages de leur mère et de leur éducatrice, interviewées par l’Office, découvrez l’histoire d’Adayel, modèle de notre nouveau visuel, et de Sylvana, deux enfants handicapés intégrés dans un centre de la petite enfance. Des histoires inspirantes qui rappellent l’importance de bâtir une société inclusive dès le plus jeune âge.

L’histoire d’Adayel

Adayel à la garderie dans un espace de jeux coloré, avec des blocs et des livres.

Adayel est le modèle de la nouvelle affiche de la Semaine québécoise des personnes handicapées. C’est un petit garçon handicapé de presque quatre ans, intégré dans un Centre de la petite enfance depuis plus de deux ans. Sa mère, Véronique, et son éducatrice, Catherine, ont accepté d’être interviewées afin de nous en apprendre davantage sur la manière dont se déroule cette intégration. Découvrez son histoire à travers leur témoignage!

Un petit garçon joyeux et social

Adayel a une importante incapacité motrice, nous a appris sa mère, Véronique. « Il ne peut pas se déplacer. Il bouge difficilement et a beaucoup de raideurs. » Malgré les difficultés rencontrées, Adayel est un petit garçon social et joyeux. « S’il ne pouvait pas aller à la garderie, il serait vraiment déçu, parce qu’il aime beaucoup voir les autres copains, ça le fait rigoler », nous a confié Véronique. 

Catherine, son éducatrice, renchérit : « À la garderie, il aime plein d’activités. Il aime beaucoup les histoires, les jeux avec les petits bonhommes, les voitures. Il aime bricoler, mais ce qu’il aime surtout, c’est être avec les autres. Il est toujours en train de regarder ses amis pour voir ce qu’ils font, sourire à leurs mimiques et rire avec eux. »

Faire partie du groupe

Ce qu’Adayel apprécie particulièrement, c’est donc de faire partie du groupe et de participer aux activités, à la mesure de ses capacités. « C’est sûr que quand il fait du bricolage, il n’arrive pas à découper comme les autres, mais on lui donne des trucs à coller et il fait ça comme il peut. La même chose pour faire des dessins, de la peinture. À la garderie, ils s’organisent pour qu’il y ait des adaptations et du soutien physique pour qu’il puisse faire partie du groupe et faire le même genre d’activités que les autres enfants », nous a informé sa mère.

Selon Catherine, son éducatrice, le groupe multiâge dont fait partie Adayel se prête particulièrement bien à la réalisation d’activités inclusives. « Mis à part la pouponnière, tous les groupes sont formés d’enfants de dix-huit mois à cinq ans. Au niveau des activités, comme on est en multiâge, j’ai toujours planifié en fonction de mes plus vieux et adapté en fonction de mes plus jeunes, donc Adayel s’intègre très bien aux différentes activités. »

Catherine poursuit : « Ma vision de l’intégration, c’est qu’Adayel vive la même chose que les autres. C’est certain qu’on lui accorde un peu plus de temps en raison de ses besoins particuliers, mais sinon, il est traité comme les autres enfants. C’est important de ne pas le mettre à part. » Ainsi, bien que Marie-Chantal, une autre éducatrice, vienne chaque jour prêter main forte à Catherine pour s’occuper d’Adayel, les deux femmes font toutes les deux aussi bien des interventions avec Adayel qu’avec les autres enfants. « C’était important que je garde un lien fort avec Adayel, autant qu’avec les autres, et pour Marie-Chantal, qu’elle travaille son lien avec tous les autres enfants et avec Adayel. On alterne nos tâches. Ainsi, Adayel ne se sent pas différent des autres, il n’est pas mis de côté avec une personne attitrée à lui. »

Selon Catherine, cette façon d’intervenir auprès d’Adayel lui permet de développer son autonomie et sa confiance en soi. « Adayel a déjà une très grande dépendance à l’adulte pour l’alimentation, pour les déplacements, pour à peu près tout. C’est important qu’on lui laisse de l’espace pour qu’il apprenne à faire des jeux par lui-même. Au début, il était réfractaire à ce qu’un adulte le laisse seul dans un espace de jeux avec d’autres enfants. C’était plus difficile pour lui. Maintenant, il peut rester une longue période dans le coin maison avec les autres enfants. Ils se déguisent, ils se racontent une histoire, et on entend Adayel rire. Être autonome dans son jeu, cela lui permet de se préparer pour l’école et de développer sa confiance en lui. »

Afin de permettre à tous les enfants de jouer ensemble de la manière la plus autonome possible « mon rôle et celui de Marie-Chantal, c’est de rappeler aux autres qu’Adayel est là, nous a confié Catherine. Comme il ne se déplace pas, c’est un peu plus dur pour lui de s’intégrer. Il faut rappeler aux enfants qu’Adayel fait partie du groupe. En tant qu’adultes, si on trouve ça important et qu’on le valorise, les enfants finissent par le faire par eux-mêmes, et ils développent du plaisir à jouer avec lui. Ça devient naturel. »

Véronique trouve d’ailleurs que l’amitié développée entre Adayel et ses amis de la garderie est très belle et authentique. « Pour eux, Adayel, c’est Adayel. Son handicap ne le définit pas. Oui, il a un fauteuil, il a des capacités et des incapacités, mais sinon, ils veulent l’inviter à leur fête comme les autres copains. C’est naturel pour eux et c’est vraiment génial. »

Une société inclusive dès l’enfance

Selon Véronique, l’intégration d’Adayel permet aux autres enfants de la garderie de développer leur empathie.

« Pour les autres enfants de la garderie, ça amène une bonne ouverture d’esprit et une conscience des autres. Par exemple, quand Adayel est au sol en jouant avec eux, ils doivent faire attention parce qu’il ne peut pas se déplacer. Dans son groupe, ils font vraiment attention à lui. Ils développent leur patience et leur empathie. Ça permet de sensibiliser les enfants à la différence, mais aussi de sensibiliser les adultes qu’ils seront plus tard. »

Catherine partage cet avis et nous a appris que les parents voient également une différence à la maison ou au parc. « Ils me disent que leurs enfants sont plus à l’écoute des besoins des autres. »

Un travail de collaboration

La clé du succès de cette intégration, qui bénéficie tant à Adayel qu’aux autres enfants, c’est la collaboration, affirme Véronique. « L’ouverture de l’éducatrice et de la direction de la garderie, le partenariat avec le centre de réadaptation, le soutien de l’organisme J’me fais une place en garderie et la collaboration avec les différents acteurs, aussi bien les parents que l’ergothérapeute ou le physiothérapeute, tout ça rend les choses possibles et c’est génial. Ils sont vraiment à l’écoute de nos besoins et sont ouverts aux suggestions. Par exemple, la direction de la garderie allait refaire la cour en mettant une marche, alors que le CPE était déjà tout adapté. Je leur ai fait la remarque et j’ai proposé qu’ils aménagent plutôt une petite pente. C’était mieux pour Adayel, mais également pour les éducatrices et les autres enfants. Moins de risque de blessures. Pour le contracteur, ce n’était pas plus compliqué. Mon conseil a été pris en compte, et ils ont opté pour un design universel qui convient à tout le monde! »

Une histoire inspirante pour la Semaine québécoise des personnes handicapées

Véronique et Catherine ont toutes deux accepté de nous offrir ce témoignage dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées, car elles trouvaient important, entre autres, de valoriser le potentiel des personnes handicapées et de montrer que leur apport à la société est inestimable.

De plus, Catherine souhaitait partager son histoire pour inspirer les autres services de garde. « Il y a des services de garde qui hésitent à intégrer des enfants handicapés. Je crois qu’ils voient ça plus gros que ça ne l’est en réalité. Ce n’est pas si compliqué et ça apporte beaucoup de bonheur dans un groupe. »

Véronique, de son côté, souhaitait sensibiliser la population au fait qu’un enfant puisse aussi être une personne handicapée. « Comme parent, il faut souvent demander de l’aide et expliquer. Dans ce temps-là, les gens collaborent et comprennent bien, mais il faut sensibiliser, car les gens ne pensent pas à ça automatiquement. » En étant mieux informés, les gens seront plus prompts à agir, selon elle. « J’aime quand les gens viennent vers nous et nous demandent : "Est-ce que vous avez besoin d’aide?" Ensuite, on peut expliquer quels sont nos besoins, car d’une personne à l’autre, c’est différent. Ça montre une belle sensibilité et une ouverture. »

Enfin, elle espère que la campagne mettant en scène son fils soit partagée par le plus grand nombre de personnes possibles afin de « toucher les gens ».

Vers le haut

L’histoire de Silvana

Sylvana à la garderie se déplaçant avec un déambulateur.

Silvana est une petite fille de presque cinq ans, très enjouée, sociable, et qui aime lire et jouer avec ses amis et son petit frère. Elle adore les voyages et parler avec sa famille en Colombie via le Web. « C’est une petite fille persévérante, très fière d’elle et de toutes ses réussites ici à la maison ou à la garderie », nous a confié sa mère, Clara.

Il faut dire que Silvana doit faire face à des défis et des obstacles supplémentaires à ceux rencontrés par la plupart des autres enfants de son âge. En effet, Silvana est une enfant ayant la paralysie cérébrale. « Elle a un diagnostic de quadriparésie; ses quatre membres sont affectés, les bras et les jambes », nous a appris sa mère. « Elle est capable de marcher, mais avec une marchette, et elle a une poussette adaptée pour les longues distances. Concernant la motricité fine, elle a une grande difficulté à prendre et à manipuler des objets, à dessiner, découper ou colorier. Tout ce qu’on fait à son âge. Cela affecte beaucoup sa prononciation également. »

« Ses difficultés sont surtout au niveau moteur », poursuit sa mère. « Mais sinon, elle est éveillée, elle comprend tout ce qu’on lui dit, autant en français qu’en espagnol, la langue parlée à la maison. Elle a une grande soif d’apprendre et de communiquer, et elle adore jouer avec les autres enfants! »

C’est donc un réel plaisir pour Silvana de côtoyer les autres enfants de son âge au centre de la petite enfance qu’elle fréquente. « Le soir, elle a toujours plein d’histoires à nous raconter! », se réjouit sa mère.

Des avantages pour tous

Pour les parents de Silvana, il était très important que leur fille soit intégrée dans un service de garde et qu’elle côtoie d’autres enfants de son âge. « Nous voulions qu’elle puisse avoir une vie remplie en participant à des activités que la plupart des enfants de son âge font également. Elle vit des expériences variées et riches, et elle se fait des amis, ce qui est très important. L’intégration à la garderie l’aide aussi à développer son autonomie et sa confiance. Enfin, nous pensons aussi que l’intégration est plus facile pour tout le monde lorsqu’elle commence tôt dans la vie », affirme sa mère.

Si l’intégration comporte plusieurs avantages pour Silvana, elle en compte aussi plusieurs pour les autres enfants de la garderie. « Il me semble qu’ils ont développé une plus grande sensibilité face aux besoins des autres. Ils paraissent plus solidaires que d’autres enfants qui ne partagent pas le milieu de vie d’une personne qui a des besoins particuliers. Je le remarque tout de suite dans les fêtes d’enfants. Ils sont plus à l’écoute de ses besoins que les autres enfants et vont demander par eux-mêmes : " Est-ce que tu as besoin de quelque chose? " Je crois que c’est un apprentissage à partir de leur vécu avec Silvana. Ils apprécient bien son amitié également; c’est très authentique. On ne leur a pas appris à être gentils avec Silvana. C’est naturel, intéressant et super beau à voir! », nous a confié Clara.

D’autre part, Clara nous a confié que l’intégration est bénéfique pour toute sa famille également : « Pour nous, ses parents, l’intégration nous permet de poursuivre notre vie professionnelle et d’avoir une meilleure santé mentale. Ça nous permet d’avoir un rythme de vie plus normal, qui ressemble à celui des autres familles. »

Des adaptations pour favoriser l’intégration

Pour faciliter l’intégration de Silvana, des adaptations ont évidemment dû être mises en place par son centre de la petite enfance.

« D’abord, la garderie fournit l’aide d’une éducatrice qui dédie une partie de son temps à Silvana et à un autre petit garçon qui a aussi des besoins particuliers. Ils essaient aussi d’adapter les jouets pour permettre à Silvana de jouer selon ses capacités. Par exemple, il y a un petit adaptateur qu’ils utilisent pour le crayon. Ils vont aussi coller des aimants et du velcro sur les objets pour que Silvana puisse les manipuler plus facilement et jouer avec les autres. 

Elle utilise sa marchette pour se déplacer et une chaise adaptée pour manger et pour participer aux activités réalisées à la table. Elle a aussi accès à une toilette adaptée dans le local qui a pu être aménagée grâce aux suggestions du thérapeute. Le personnel à la garderie est très ouvert aux suggestions et aux recommandations, et on nous consulte régulièrement pour s’assurer de bien répondre aux besoins de Silvana. »

Selon Clara, cette collaboration entre les différents intervenants - parents, thérapeutes, éducatrices - est essentielle pour assurer une intégration réussie.

Une société inclusive : une responsabilité collective

Pour Clara, il était important d’offrir ce témoignage dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées afin de sensibiliser la population au rôle que nous avons toutes et tous à jouer pour favoriser la participation sociale des personnes handicapées. « On veut que les gens prennent conscience que l’intégration des personnes handicapées dans tous les domaines, c’est une responsabilité de société. Parfois, les gens pensent que c’est aux autres à agir, mais c’est l’affaire de tous. On veut aussi que les gens prennent conscience que ce n’est pas juste la personne handicapée qui "gagne" lorsqu’on favorise sa participation sociale, mais tout le monde! »

Vous ne savez pas comment agir pour favoriser la participation sociale des personnes handicapées? « N’hésitez pas à poser des questions », affirme Clara. « Des fois, les gens sont un peu gênés de le faire. Mais quand ils le font de façon respectueuse, ça nous permet d’avoir des moments de partages importants et ça permet aux gens de mieux comprendre la situation de Silvana et les façons dont ils peuvent l’aider. »

« En général, on est chanceux, poursuit-elle, on rencontre des gens ouverts qui nous apportent leur soutien. Tout ça, les initiatives des autres, ça nous aide beaucoup pour favoriser notre participation sociale et celle de Silvana! »

En cette Semaine québécoise des personnes handicapées, le message est lancé!

Vers le haut

 

Mise à jour : 27 mai 2019

Gouvernement du Québec.

© Gouvernement du Québec, 2019 Ce contenu Web externe, qui s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, peut comporter des obstacles à l'accessibilité puisqu'il est hébergé dans un autre site Web.